Les banques au bord du précipice

C’est une crise économique d’une extrême gravité qui frappe toute la planète. Si cette crise ne semblait affecter que les États-Unis il y a quelques mois, on se rend compte aujourd’hui que les marchés économiques des différents pays sont tellement imbriqués qu’il n’y a pas une seule économie sur la planète à l’abri des faillites des plus grands établissements financiers mondiaux.

Après l’intervention de l’état américain qui a décidé d’injecter plus de 700 milliards de dollars pour venir en aide aux banques, aux organismes de crédit, aux assureurs et groupes immobiliers qui s’effondrent en bourse, c’est au tour des européens de recourir aux mêmes méthodes.

La Banque Centrale Européen (BCE) vient de décider de mettre à disposition des établissement financiers ce lundi 29 septembre 120 milliards d’euros pour tenter d’enrayer la crise qui affecte les bourses européennes depuis plusieurs semaines.

Depuis l’effondrement des organismes financiers américains, les banques européennes ne prêtent pratiquement plus d’argent et on se dirige vers une pénurie du crédit.

Après la quasi nationalisation de l’assureur américain AIG aux États-Unis, l’état devenant actionnaire majoritaire à près de 80% en échange d’une recapitalisation de 85 Milliards de dollars, c’est au tour des états européens de procéder à des nationalisations de banques en difficulté.

La banque britannique Bradford and Bingley par exemple va être nationalisée, la Banque Fortis va aussi être contrôlée par les états du Benelux, la Belgique, les Pays-bas et le Luxembourg, la banque Glitnir vient d’être rachetée à 75% par l’État islandais et la banque allemande Hypo Real Estate doit sa survie grâce à l’injection de 35 milliards d’Euro de l’État.

En France, c’est Dexia qui perd plus de 23% de sa valeur à la mi-seance en Bourse, et la ministre de l’économie Christine Lagarde demande à la Caisse des Dépôts des des Consignations d’intervenir aux côté de l’État belge déjà mis à contribution pour sauver Fortis de la faillite.

Après des années de privatisation et de libéralisme sauvage dans le secteur financier, les États ne trouvent pas d’autres remèdes à la crise que celui de nationaliser les entreprises en difficulté.

Ce sont les mêmes pays qui quelques mois auparavant fustigeaient l’intervention de l’état dans le secteur économique et procédaient aux privatisations de tous les établissements financiers qui étaient encore dans leur giron.

Autant dire que tous se montrent impuissant envers cette crise qui ne fait que commencer et qui risque de durer de nombreux mois en affectant les économies de toute la planète.

Les marchés boursiers sont très indécis car les investisseurs ne savent plus vers quoi se tourner pour limiter les pertes. Après avoir trop joué avec le secteur immobilier dépendant des organismes de crédit, difficile aujourd’hui de savoir où placer son argent pour le mettre en sécurité.

On se rend compte aujourd’hui qu’aucun pays n’est à l’abri de cette crise, ni la Chine qui possède une réserve colossale de dollars fragilisés par la récession, ni les pays producteurs de pétrole qui ne savent plus comment orienter le cours du baril.

Les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït et l’Arabie Saoudite se sont lancés ces dernières années dans des investissements immobiliers et économiques de grande ampleur en occident. En augmentant le prix du baril de pétrole ils freinent l’activité économique des secteurs où ils ont des intérêts et risquent de voir les sociétés où ils sont actionnaires s’effondrer.

Personne ne sait à l’heure actuelle comment se terminera cette crise. La seule évidence c’est que le marché avait besoin d’être épuré et qu’une telle crise servira en effet à remettre en place un système économique qui ne reposait que sur peu de valeurs réelles.

Le problème c’est que cette épuration risque de faire de gros dégâts que devront souffrir surtout les plus faibles économiquement et entrainer encore plus de pauvreté dans les pays émergeant et parmi les classes les plus mal loties des pays occidentaux.

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